Noisy le Grand, une ville moderne

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          Les personnalités | L'Abbé Pierre (1912-2007) et le père J. Wresinski (1917-1988)
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          L'Abbé Pierre (1912-2007) et le père J. Wresinski (1917-1988)

          Suite à l’appel du 1er février 1954 au micro de Radio Luxembourg, contre la misère qui sévissait en France, l’abbé Pierre achète un terrain à Noisy-le-Grand, à l’emplacement d’une propriété bourgeoise que possédait un certain Charles Defrance, d’où l’appellation du lieu-dit «Château de France».

          Installé en juin 1954, le camp appelé par l’abbé Pierre « Le camp des familles de Noisy-le-Grand », accueillait plus de 252 familles d’ouvriers, des sans-logis, provenant de toute l’Ile-de-France et même de province et s’installant dans des tentes de l’armée américaine et des igloos (sortes de cabanes en fibrociment).

           

          Au total, plus de 1370 personnes parmi lesquels 800 enfants, vivaient sur la terre battue, sans eau ni électricité, espérant ainsi échapper à la misère. A l’entrée du camp, au bout de la route plate qui traverse les champs potagers de Noisy-le-Grand se dressait une pancarte où l’on pouvait lire « Ce hameau de détresse est à l’honneur de ceux qui, par leur travail et par leurs dons, ont permis de l’établir et à la honte d’une société incapable de loger dignement ses travailleurs. Signé : Abbé Pierre ».

           

          Dès 1954, peu après l’installation du camp, Paul Serelle (maire de Noisy-le-Grand de 1945 à 1957) s‘adresse à l’abbé Pierre de manière pressante : « Lors de l’entretien que j’ai eu avec vous, j’ai compris qu’il fallait donner un toit à ces sans-logis mais, dans votre foi, vous savez qu’il y a d’autres nécessités, sous les tentes on pleure, on est trempé et rien de substanciel pour le corps, les enfants sont dans une misère profonde, mal vêtus, mal nourris et manquent d’hygiène… ».

          En effet au fil des mois, les conditions de vie sont devenues déplorables, d'autant que la commune ne parvient pas à subvenir aux besoins en secours, assistance et écoles pour les habitants du camp. 

          Des pourparlers s’engagent en avril 1955 entre Emmaüs et les pouvoirs publics au sujet d’un projet de résorption du camp et de la création de 500 logements sur le terrain appartenant à Emmaüs, à l’emplacement du camp. Une première tranche de 150 logements est prévue, mais la municipalité refuse finalement de se porter garante.

          En 1956, le père Joseph Wresinski poursuit l’œuvre de l’Abbé Pierre. Il rejoint le camp et s'attache à créer une vraie solidarité entre les personnes, à entraîner la population à dépasser sa misère en apportant d'autres conditions de vie. Durant cette période, il consacre toute son énergie à faire reconnaître ces personnes en quête de dignité.

          Il confie : "J'ai été hanté par l'idée que jamais ces familles ne sortiraient de la misère aussi longtemps qu'elles ne seraient pas accueillies dans leur ensemble, en tant que peuple, là où débattaient les autres hommes".

          C'est ainsi que sont construites :

          Avec les familles, il fonde en 1957 l’association qui deviendra ATD Quart Monde. En 1959, lors d’une visite au bidonville de Noisy-le-Grand, l’abbé Pierre est bouleversé en voyant que les 300 igloos en tôle ondulée sont toujours présents : les conditions de vie se sont encore dégradées, plusieurs incendies d'origine criminelle ont été déclenchés et on estime que le taux de mortalité de la population du bidonville dépasse celui des pays du tiers-monde.

          Finalement, après que le camp ait été déclaré insalubre sur demande du conseil muinicipal, les igloos sont progressivement détruits et en 1966, un projet de centre de promotion sociale, cité transit de 78 logements est finalement adopté. La construction ne commencera qu’en 1970.

          >> En savoir plus : Patrimoine en Seine Saint-Denis N°20
          "Bidonvilles, histoire et représentations"

          Office de Tourisme et d'Animation - Ville de Noisy-le-Grand

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